28 mai 2013

Castrés

Bien sûr le mot est (trop) fort. Bien sûr c'est pour le jeu de mots.

Et pourtant, l'ASM a paru bien impuissant face au CO qui ne s'est pas mis Labit de Travers cette année pour ses phases finales.

Des jeux de mots, c'est ce qu'il nous reste cette saison. Une fois de plus. Déjà l'an dernier, la pilule avait été longue et difficile à avaler. Cette année, elle ne passe toujours pas, en ce qui me concerne.

Comme tout le monde le souligne, le XV des Volcans semblait (encore) plus fort, plus irrésistible que jamais.


Meilleure attaque, meilleure défense, tout le tralala mais voilà, à la fin rien si ce n'est une magnifique saison régulière, tant française qu'européenne. "A la fin, c'est Clermont qui perd" entend-t-on encore à gauche et à droite. Et on commence à en avoir ras le pompon de cette mesquine rengaine. Elle nous fait une bien sympathique "belle jambe", notre invincibilité à domicile, au final...

Ce sentiment, je ne suis visiblement pas le seul à l'avoir puisque au moment où j'écris ce billet je vois qu'une pétition vient de sortir afin de faire réagir le club, les dirigeants et les joueurs face à cette situation. Sans juger le fond, on pourra simplement regretter que cela n'ait pas plutôt pris la forme d'une simple lettre ouverte sans prétendre retranscrire le sentiment de l'ensemble des supporters jaunes et bleus.

Je me suis vu reprocher un peu de mauvaise fois lors de mon dernier billet relatant ce qu'il convient d'appeler désormais la Désillusion de Dublin. Que l'arbitrage avait bon dos, etc... J'assume, je persiste et signe même. Avec d'autant plus de force que cette fois, pas de doute possible. On ne peut pas s'échapper, d'ailleurs le score est sans appel : 25 à 9. Le quatrième de la phase régulière a corrigé le premier, qui a laissé son fighting spirit en Irlande (ironie du sort). 

Et pour couronner le tout, notre Mestre Cotter, l'arVern, nous quitte dans un an. On ne peut ni ne doit lui en vouloir, ces 8 années auront pesé dans sa vie et sûrement aussi sur sa santé ! A titre personnel, je suis heureux de le voir partir redonner -à n'en point douter- toute sa noblesse à ce XV du Chardon si cher à mon cœur. Car l'Ecosse mérite un beau rugby. Un rugby qui nous rappelle des heures pas si lointaines (années 90) de sa bonne santé.

Pour remplacer le mage kiwi, on entend depuis plusieurs saisons que Fabien Galthié, notamment, aurait signé un pré-contrat à cet effet... D'autant qu'il sera lui aussi libre en juin 2014. Et que son épouse serait Auvergnate... Attention aux rumeurs et à l'intox. On peut également espérer que le club s'inspire peut-être du Stade Toulousain pour qui il n'est pas concevable de figurer dans le staff sans avoir porté au moins une fois le maillot rouge et noir sur le pré... 

D'ici là, on peut déjà se demander comment nos Jaunards vont pouvoir de nouveau rebondir. Certains vont partir en tournée, d'autres en vacances. Et à l'heure de la reprise, des stages commandos et des matchs amicaux de préchauffe sur ma terre d'Issoire, on aura les sempiternels discours lissés et attendus de remobilisation, de revanche, de volonté de concrétiser cette saison tous ces efforts depuis tant d'années.

Ces mots, de même que l’invincibilité à domicile, tout de miel soient-ils, ne me sont pas nécessaires. 
Ce que je veux désormais, c'est arrêter de pleurer en mai.


22 mai 2013

Too long

Way too long.
("Beaucoup trop long" pour les non-anglicistes).
On a en effet le sentiment de devoir attendre encore bien trop longtemps encore avant de pouvoir voir le trophée "aux grandes oreilles", la H Cup, présentée Place de Jaude...

Car si le panache, le jeu, l'ambition (trop ?), la justesse et même la performance étaient Auvergnats, la défaite à la fin l'était aussi. Dur.

Que doit-on, peut-on, blâmer ?
Le manque de réalisme qui imposait de tuer le match alors que Clermont menait de 9 points à 20 minutes de la fin, en jouant notamment l'occupation et la défense ? C'était quelque part demander à Clermont de faire du Toulon et de jouer à l'encontre du jeu avec lequel elle s'impose depuis quelques mois. En somme, un pêché de gourmandise.

Au-delà, on peut également se demander dans quelle mesure la fameuse "sodomie arbitrale" si chère à Mourad Boudjellal, n'a pas été (un petit peu) à l'encontre des Auvergnats cette fois-ci. On aura tous vu les multiples coups de sifflets de Monsieur Rolland (pourtant souvent irréprochable) sur des en-avants imaginaires ou des ballons gardés au sol alors même que la vidéo montre clairement l'effort du joueur pour libérer ledit ballon... 

Le plus gros restera tout de même cet "avantage" accordé à Clermont sur une faute de Toulon et qui n'aura pas le temps de lui profiter puisque Fernandez Lobbe récupèrera le ballon et le délivrera à Armitage pour un essai, de fait plus que contestable. La règle veut en effet que si un avantage ne profite pas dans les quelques secondes suivant la pénalité, on revienne à ladite pénalité...

Et puis cette outrageuse domination dans le camp du RCT pendant une majorité de la partie sans que celle-ci ne soit récompensée... La Montagne, par l'intermède du journaliste Pierre Bourduge, l'a souligné comme nous tous : "On ne manquera pas de s'interroger (...) sur le fait que l'ASM, occupant le terrain adverse pendant les trois-quarts de la partie, ne se vit accorder qu'une seule pénalité en position d'être tentée. Toulon et Wilko en eurent trois". C'est en effet une incohérence quasi-mathématique au regard des règles.

"Jubon" ne s'y est d'ailleurs pas trompé : "C'est nous qui avons été pénalisés alors qu nous dominions. Nous n'avons pas été récompensés sur nos temps forts. Dans ces situations-là, nous n'avons pas eu les moyens de l'emporter".

Toulon ne sera pas un beau champion (il suffira de se remémorer l'attitude déplorable d'Armitage lors de son essai, pas un seul Jaunard n'aurait été capable d'une telle arrogance et c'est tant mieux), mais l'Histoire retiendra simplement que Toulon aura été champion d'Europe, pour sa deuxième participation à cette compétition seulement.

On peut d'ailleurs remarquer une drôle d'habitude de l'ASM en H Cup : notez que pour leur première qualification en quart de finale, en 2011, elle chuta pour revenir l'année suivante et se qualifier en demi, où elle chuta, pour se qualifier l'année d'après en finale... où elle vient de chuter. Gageons donc que 2014 verra donc le sacre de l'ASM Clermont Auvergne sur l'Europe du rugby. Il n'y a rien qu'elle ne mérite plus.

Dans cette attente et dans de telles conditions, il serait cruel, injuste et -oserais-je presque- anormal que le Bouclier de Brennus ne redevienne pas le Bouclier Arverne le 1er juin prochain...

15 oct. 2012

Le Pacte sacré des Aheseym

Il y a bien longtemps, quand de grandes dynasties pouvaient rester près d'un siècle sans trône, sur le continent Heynekhen la Maison Leynster règne sur le Royaume des 20 couronnes depuis qu'elle a mené à la victoire la rébellion contre le roi fou Tolosa.

Seigneurs des Hautes Terres d'Arvernya, les Aheseym préparent leur conquête du Trône Ovale du Nord depuis leur citadelle imprenable de Clayremont. Vénérant les anciens dieux des Volcans endormis, tous les membres de la Maison Jaune et Bleue avaient prêté serment autour du Pacte sacré : faire tomber les Leysnter après avoir conquis le Trône de Brennus, ancien roi mythique de la contrée Taupcat Horze, trois ans plus tôt.


Le Pacte sacré reposait sur une fine stratégie, où la force du temps allait peser de tout son poids. Il allait falloir gagner sur tous les champs de bataille, d'abord contre les Maisons Llanelli, Exeter et Leynster, la plus puissante de toutes. Vern, Roi d'Arvernya et Rhor Ô, seigneur de Clayremont et fils de Jak, dit le Cube, avaient compris que confondre vitesse et précipitation ne serviraient pas leurs intérêts sur le long terme. L'an passé, bien qu'ils aient enchaîné les victoires en Taupcat Horze, ils avaient finalement butté devant la Maison Erceitey alors que leur conquête du Trône de Brennus deux ans auparavant s'était construite sur une guerre longue d'un an, sans toujours gagner de batailles flamboyantes au début de leur campagne.

A présent, ils savaient. 
Ils savaient que la quête du Trône de Brennus devait servir celle du Trône Ovale du Nord. Et réciproquement.
Ils savaient que les batailles gagnées étaient autant de points contre leurs adversaires dans ce... jeu de trônes.
Ils savaient qu'on n'hérite pas du pouvoir par la gloire, mais bien par la guerre.

Et cette guerre, ils étaient prêts à la mener.
La première bataille, aux portes de la citadelle de Clayremont, contre la Maison écarlate de Llanelli, devrait marquer les esprits des Maisons concurrentes. 

Mais le plus dur était à venir...

21 sept. 2012

D'un petit gland sourd naît un grand chêne

Navré de vous décevoir, chers lecteurs fidèles, mais malgré ce titre ambivalent, ce blog ne tombe pas dans la pornographie que vous espériez tous pas plus que ce billet ne vise à traiter les petits problèmes naturel que chacun peut rencontrer de temps à autre au moment fatidique. 

Ce titre n'est en réalité qu'un proverbe, bien français, dont les plus cultivés d'entre vous auront tout-de-suite décelé la nature traditionaliste. Il signifie qu'il faut savoir pa-tien-ter.

Faites comme Brock : patientez... (Crédit Photo : Charlotte Minier*)
Loin de moi l'idée de vouloir comparer l'ASM à un "petit gland sourd" même si ce serait malicieux. Non, j'ai simplement trouvé le dicton plus fleuri et original que "Il faut donner du temps au temps" ou "Chi va piano va sano, e chi va sano va lontano" pour vous demander d'être patients avec les hussards de notre rugby Auvergnat.

J'entends et je lis en effet trop souvent depuis le début de saison (en fait depuis le premier match de préparation à Besse, en août !) ici qu'ils sont loin d'être à plein régime et là que leur début de saison est décevant au regard de l'effectif (et des ambitions). Mais n'oublions pas que c'est, précisément, un début de saison et que nos gaillards sont, qu'on le veuille ou non, en phase de rodage. Au moins jusqu'au prochain match, contre Grenoble, au Michelin.

Alors bien sûr ce championnat est de plus en plus resséré, bien sûr on a de moins en moins le loisir de se la jouer Diesel (le moteur, pas les jeans), et bien sûr on est impatient de voir du jeu, voire même du beau jeu si possible, mais calmons-nous deux secondes. D'accord, les prestations contre Perpignan et à André Boniface ont de quoi décevoir, pour des raisons différentes, mais il s'agit de savoir raison garder... et patience avoir ! Et puis n'oublions pas que nos Jaunes & Bleus préservent l'essentiel : ils savent prendre les points et rester invincibles à la maison, ce qui les place, après 5 journées, déjà dans le haut du tableau en deuxième position derrière Toulon.

Ce qui compte, c'est que les petits soient prêts pour le début de la H Cup avec la réception des Scarlets le 13 octobre. 

J'ai personnellement tout-à-fait confiance dans les possibilités (évidemment !) et l'envie de nos fantastiques gladiateurs de ramener de nouveau au moins un trophée sur la Place de Jaude cette saison, alors faites comme moi, gardez-vous d'être trop impatients et impétueux et en attendant, profitez de cette agréable fin d'été et début d'automne : mangez des pommes, comme dirait l'autre ! ;)

* Un conseil : allez voir les très jolies photos de Charlotte Minier ! ;)

15 juin 2012

The End

Il me fallait bien tout ce temps pour digérer et pouvoir m'exprimer. 
Moi qui osait, comme d'aucun, parler de doublé voici encore deux mois. A défaut, je ne doutais pas que 2012 rimerait avec deuxième Brennus de l'histoire de l'ASM.

Voir une saison comme celle-ci se terminer finalement en saison blanche, comme le dit si bien Cap'tain Courage, c'est dur. 


Peut-être leur plus mauvais match de la saison, comme Roro l'a déclaré... Surtout quand on sait que Clermont, critiqué en 2010/2011 pour son manque d'efficacité à l'extérieur, est aller infliger un 17 à 0 à son bourreau de demi-finale, chez lui, à l'automne.... 
L'ironie du sport.

Je pense à tous ces gens, plus ou moins proches, qui, lors des défaites du XV aux Volcans lors des phases finales, me voient m'enfermer la tête entre les mains puis fermer le visage et rentrer dans un mutisme raisonné qui ne dure guère que quelques minutes, me dire très rapidement (quel manque de psychologie !) cette phrase magique que l'on a tous entendu :

"Remets-toi, ce n'est que du sport". 

Et comme je suis d'accord avec eux ! Mais il y a une chose que ces gens ne comprennent pas : c'est que je ne suis pas triste pour moi. Si, bien sûr, un peu, l'espace de quelques secondes. Mais quasi-instantanément, à chaque fois, la déception du supporter fait place à l'immense tristesse que j'éprouve pour les joueurs.

Bien sûr ! Je pense à tous ces efforts fournis, à tous ces sacrifices consentis, à toutes ces forces mises dans la bataille qui n'est pas une bataille de 80 minutes mais bel-et-bien de 11 mois. Il faut réaliser ce que c'est que d'être, au quotidien, rugbyman professionnel dans le Top14. Je passe les détails mais réfléchissez deux secondes à l'équilibre entre vie privée et vie pro, à la vie des corps qui subissent chaque weekend des chocs d'une violence inouïe, au régime strict qu'il s'agit de suivre jour après jour (merci d'ailleurs à quelques joueurs de nous en faire part en photo de temps à autres sur Twitter ou Facebook !). 

Alors oui, la déception du supporter est grande, mais enfin, ce n'est effectivement que du sport (mais quel sport !) et l'espoir et l'enthousiasme renaissent vite à l'évocation de la prochaine saison. Mais la tristesse pour les joueurs est immense même si j'espère qu'eux aussi, retrouveront enthousiasme, espoir et envie de vaincre dès le 9 juillet !

En attendant, bonnes vacances à eux et à vous si vous en avez/prenez !

PS: petite info sur l'auteur : je rentre début juillet de Toronto, au Canada, après y avoir passé un an, avec la ferme intention de m'installer dans mon Auvergne natale. Peut-être aura-t-on ainsi l'occasion de se rencontrer autour d'un apéro jaune et bleu ! N'hésitez pas à me contacter... ;) 


25 mai 2012

Misez tout sur le Jaune !


Ça y est, nous y sommes. Nous sommes à la veille de ces tant désirées, tant attendues phases finales de notre beau et envié Championnat de France de Rugby !

Et, comme il y a deux ans, où je m'étais amusé à de petits pronostics (où j'avais eu un sacré pif !), je me risque cette année encore à la chose. Ça m'amuse, que voulez-vous...

Allez, c'est parti, faites vos jeux, rien ne va plus !

CO - Montpellier


Je vois Montpellier. 
Oui c'est la revanche de l'an dernier, oui Castres reçoit (mais à Toulouse, ça annule, non ?), oui les deux numéros 9 héraultais (Tomas et Paillaugue) sont blessés, mais je vois les hommes du duo Galthié-Béchu aller chercher cette demi en terre neutre, à Ernest Wallon. Je les vois plus motivés, plus explosifs, plus inventifs et plus mobiles que les Castrais. Et je crois qu'ils ont à cœur de prouver que leur place en finale l'an dernier n'était pas due au hasard (même si nous on sait qu’elle était due au hasard). Vous me direz que les hommes de Labit et/de Travers ont, eux aussi, à cœur, de montrer que ce n'est pas par hasard s'ils sont dans le dernier carré depuis quelques années. Oui, mais non. Et pour une simple raison : ils savent pertinemment que c'est uniquement grâce à Tekori et Masoe. Et, un peu aussi, grâce à Ro(bocop)main Teulet et Marc Andreu. Et surtout Revol.
In fine, on sait que ni l'un ni l'autre ne peut (vraiment) rivaliser contre les hommes à Novès qui vont vouloir montrer qui c'est Raoul, aux quat' coins d'Toulouse qu'on va les retrouver éparpillés par petits bouts façon puzzle, alors à quoi bon en discuter pendant 10 ans ?

RCT - Racing


Je vois le Rouge et le Noir. 
Dans le roman de Stendhal, les deux couleurs symbolisent l’Armée et l’Église, les deux carrières par lesquelles le jeune héros croit pouvoir conquérir le monde, en uniforme rouge, ou en soutane noire. Les hommes de la Rade sont, je le crois, supérieurs à ceux du 9-2, mais pour gagner il leur faudra du rouge, indéniablement (le combat, le sang, les larmes, la guerre) mais aussi du noir (un retour aux valeurs de notre sport et aux bases du jeu, une saine austérité, une orthodoxie raisonnée). Chez Stendhal, ces couleurs renvoient aussi au symbolisme universel, rouge pour la passion, noir pour la mort. Pareil pour le Ercété : il faudra mettre de la passion, celle oubliée en finale de Challenge Européen contre Biarritz, sinon ce sera… la mort. 
Enfin, ils reçoivent et cette saison seule une équipe s'est imposée à Mayol. Tiens, quelle transition : il s'agit du XV des Volcans !


1ere demi-finale, donc : ASM - RCT


Clermont.
Parce qu'ils sont plus forts.
Parce que je suis supporter et totalement subjectif.
Parce qu'on a Dieu (Brock James), Chuck Norris en beaucoup plus fort (Gerhard Vosloo, officiellement "blessé", en fait c’est juste un seigneur et il laisse d'autres profiter des phases finales), Jésus blond (Aurelien Rougerie) et le Messie (oui car dans notre religion, le Messie n'est pas Jésus mais il est quand-même arrivé, c’était en 2009) : Morgan Parra.
Parce que Clermont (contre Toulon, c'était la moindre des choses).


2eme demi-finale : Major de promo vs Amuseur public


Si on y regarde de plus près, cette rencontre sera l'occasion de voir s'affronter le premier de la classe (littéralement), cet être binoclar et boutonneux qui lève toujours la main en premier pour répondre ("Moi, m'dame, moi m'dame !") et qui chiale quand il n'a que 19/20 contre celui qui, créatif, amuse toujours la galerie et arrive à être dans les 4 ou 5 meilleurs sans trop se fouler, avec toujours un "peu mieux faire" sur le bulletin de note à faire signer à Papa Béchu et Maman Galthié. 
A domicile (pour une demi-finale, rien de plus normal...), Agnan va maraver sa gueule à Rufus à la récré.

Finale : Les frères ennemis


C'est LE classico depuis 2007. 
Oubliez le choc des Stades (Toulousain vs Français) où tout ce qui reste de choquant est le maillot des Parisiens. Oubliez aussi l'autre grand classico du début des années 2000 Bého - Stade Français qui se résume depuis 2008 à : #lol.
Faire un prono ici est délicat (ceux qui ont lu "porno" ont toute mon estime). Du coup, comme c'est la fin de l'article, que seul 2 d'entre vous sont encore en train de lire et que mon verre de rosé bien frais est maintenant tiède, je vais laisser la passion parler puisque de toute manière celle-ci annihile toute autre forme de pensée raisonnable et raisonnée chez moi :

Clermont Champion.
En plus, ça rime.

Il faut bien ça pour laver l'affront de la H Cup et ainsi montrer qui c'est (vraiment) Raoul et dire à Mister Barnes qu'il peut se la mettre ou on pense.



14 mai 2012

De Grands Messieurs

Ce samedi, le fabuleux Parc des Sports Marcel Michelin a accordé un vibrant hommage à de grands bonhommes. A l'exception de Gonzalo Canale qui file pour de nouvelles aventures (Aironi, Stade Français, LOU ?) et peut-être de Brent Russel (LOU ?), ils ont tous choisi de finir à l'ASM. Alors on a juste envie de leur dire un très grand et très fort MERCI : 

Crédit photo : ASM Clermont Auvergne

Alexandre Audebert : 13 saisons passées à Montferrand ! Les "Bougnats" sont, historiquement, les Auvergnats partis vivre à Paname. Mais comment appelle-t-on les Parisiens venus vivre en Auvergne ? Monsieur Audebert, dans votre cas, je crois qu'on appelle ça un Auvergnat. Merci Monsieur. 


Lionel Faure : passe par la formation montferrandaise, ce natif de Montauban a pris une belle dimension à Sale avant de revenir dans son club pour 3 saisons : "Je ne me voyais pas finir ailleurs qu'à Clermont". Merci Monsieur. 

(Désolé, pas de vidéo trouvée pour Lionel...)

Gonzalo Canale : Tout le monde s'accorde à dire, je crois, qu'il est notre Ritale préféré. Mais peu de gens savent qu'il est en fait né... Argentin. Bref, ses percées dans les défenses adverses (aussi efficaces sur Rugby Challenge sur Xbox 360 que sur le pré, soit dit en passant) nous manqueront. Après 7 saisons à Clermont, Grazie Signore. 


Brent Russell : On a peu vu Pocket Rocket cette saison avec l'équipe une, mais tout le monde se souviendra longtemps des accélérations venues de nulle part de ce polyvalent (capable de jouer à l'arrière comme aux ailes mais aussi demi d'ouverture... occasionnellement), ses prises de périph' autour de défenses adverses désorganisées dans nos 22 resterons dans nos annales. Bref, des prises d'initiatives d'un autre monde. Un monde qu'on aime bien à Clermont. 4 saisons au sein du XV des Volcans. Thank you Sir. 


Jason White : On connaissait la polyvalence (capable de jouer tous les postes de 2ème et 3ème ligne !) et la rugosité de ce chardon ardent (non, pas de coquille dans le texte, juste une référence aux origines Ecossaises du bonhomme) mais elle a un peu tardé à venir au sein du XV Jaune & Bleu. Mais après 2 saison, voyez la qualité de sa dernière année ! On est fier qu'un grand Monsieur du rugby écossais (quel belle contrée !) choisisse notre pelouse pour finir sa carrière. Tapadh leat Maighstir.


Messieurs, il vous reste une très belle ligne à écrire avant de tourner cette jolie page du grand livre de l'"AS Monferrand Clermont Auvergne"…


13 avr. 2012

Harder, Better, Faster, Stronger (ASM Cover)


Plus fort qu'en 2010, le XV des Volcans ? C'est la question à laquelle je souhaite répondre par l'affirmative et montrer (un peu) pourquoi.


Nos Jaunards sont au jour d'aujourd'hui la seule équipe à pouvoir réaliser le sacro-saint doublé cher à une certaine pleureuse officiant sur la Garonne. Et de fait : il s'agit désormais de la seule équipe française jouant encore sur les deux tableaux, européen et national. Mieux, elle est respectivement officiellement et officieusement en demi-finale du premier et du deuxième. 

Mais au-delà, la Bande à Cotter me parait intrinsèquement plus forte qu'en 2010, année du premier Brennus, mais aussi qu'en 2007/2008, saison de tous les records : souvenez-vous, premier de la phase régulière, meilleure attaque, meilleure défense, meilleur réalisateur (Brock James), meilleur marqueur (Napolioni Nalaga). 

Mentalement, et ce déjà depuis 2009, elle est bien plus forte. Fini, le coup de barre psychologique à la 60 ou 70eme minute. Une culture de la gagne que Maitre Vern a voulu avec rage depuis qu'il est aux commandes. Finie aussi la digestion difficile suite à la bringue du 29 mai 2010 ayant donné lieu à une tourista d'un an. Physiquement également, grâce à un recrutement judicieux mais pas outrancier, et un remplacement juste des départs qui auraient pu faire très mal (Privat, Ledesma, Scelzo, Nalaga notamment. Baby aussi. Non, je déconne.). Une belle vista de la part des boss Lhermet, Pineau, Cotter et du Capo di tutti capi Fontès. Entre ce recrutement malin (Vosloo, Hines, Kayser, Skrela, Byrne, Kotze entre autres) et la désormais traditionnelle mise dans le grand bain des Affranchis de notre excellent centre de formation (Fofana, Buttin, Ric, Chaume, Murimurivalu, Nakaitaci, ...), le tout chapeauté par des Caporegime fidèles alla Famiglia (tels Don Rougerie, Momo "Piccolo Capo" Parra, Jamie "Lumberjack Butcher" Cudmore, ou encore Elvis "the King" Vermeulen), le Gang du Michelin a fière allure, il est craint et respecté de tous. 


Alors, forcément, arrive la question que tout le monde a sur les bout des lèvres mais n'ose poser sous peine de porter malheur. A peine se hasarde-t-on prononcer des mots digne du Valhalla, tels que "Brennus", "Europe", ou même, même... "doublé". Chut. Les Graals existent. Et ils sont fait pour être conquis ou, tout du moins, alimenter le rêve de leur conquête.

Objectivement (si si, supporter Jaune & Bleu, moi ? Voyons...), le XV Auvergnat millésime 2011/2012 présente de sérieux atouts (remarquez que je n'utilise pas cet abus de langage dont raffolent les journalistes : "sérieuses garanties") pour écrire une, voire plusieurs nouvelles pages des Aventures de l'ASM.

Mais pas de pression, Messieurs les guerriers fantastiques, formidables gladiateurs des arènes vertes, magnifiques centaures de la mythologie arverne, pas de pression : pas d'attente particulière de la part de ce peuple qui vous vénère, prie pour vous et vous idolâtre, pas d’attente si ce n'est celle du plaisir absolu que vous nous procurez quand vous gagnez (même un duel), la délectation de vous voir combattre pour garder nos terres inviolées depuis un bon moment, les quasi-syncopes lors des interminables minutes des matchs de phases finales. 

Sachez juste qu'on croit en vous, terriblement.


29 janv. 2012

Garden, Sweet Garden

On n'est pas encore en demi-finale de HCup (mais je ne doute pas de notre qualification) que déjà nous savons que ce match ne se déroulera pas à Clermont-Ferrand alors que nous serions censé le jouer "à domicile". Pourquoi ? Parce que figurez-vous que l'ERC souhaite un stade d'au moins 20 000 places, ce qui paraît normal à ce stade (vous pensez qu'il y a un jeu de mots, il n'y en a pas) d'une compétition aussi (et de plus en plus) importante.

Et oui, la question d'un grand stade à Clermont existe. Vous le savez sûrement, un projet était sur les rails en 2002, force est de constater qu'il est depuis la fin des années 2000 au point mort. Dans un excellent papier sur le tout aussi excellent Cyberbougnat, Bertrand Soulier expliquait très bien les raisons de cet abandon tout en le déplorant.

La ville de Clermont n'a pas assez d'argent pour faire un stade de 40 000 places, mais pourrait, aux dernières nouvelles, en faire un de 30 000. Il y a plusieurs moyens de trouver l'argent. La solution "politique" serait de lancer une sorte de grand emprunt régional pour faire un stade digne des ambitions de notre métropole régionale. Bien sûr, il paraîtrait logique que la Région et le Conseil Général mettent également la main à la patte. L'autre solution, moins couteuse pour les finances publiques, est certainement un stade financé par des partenaires privés, quitte à leur laisser donner leur nom au stade, maintenant que le système du naming existe. Bon après, perso je trouve que "Matmut Stadium" c'est vraiment ridicule alors si on pouvait éviter d'avoir une "Bordeau Chesnel Arena" ou un "Durex Stadium", j'aimerai autant. A la limite, une "Ricard Arena"... !

Plus sérieusement, il devient de plus en plus ridicule qu'une métropole de presque 500 000 habitants, qui a de l'ambition, un avenir, un public et des équipes, ne possède pas son stade de 30 000 places au moins. Moi aussi, j'ai envie que l'ASM joue une demi-finale de Championnat à domicile comme le Stade Toulousain en main prochain (scandale, au passage, ou bien... ?) ! Moi aussi, j'ai envie que des matchs d'une future Coupe du Monde en France se disputent en Auvergne, qui est quand-même, excusez-moi, une autre terre de Rugby que Nantes ou Marseille !

Mais pour tout vous dire [attention, âme sensibles s'abstenir, idée aussi folle que saugrenue à venir], cette question d'une grande arène auvergnate m'est revenue en pleine figure il y a quelques mois, en réalité. Lors du lancement de l'appel à candidature pour ériger le grand stade de la FFR. Très bonne idée s'il en est, moins bonne idée en revanche est de choisir de nouveau, encore et toujours, un site parisien. Car pour ceux qui ne suivent pas le sujet, deux sites sont en ce moment en short list : Thiais Orly et  Evry. Ça fait rêver...
Alors bien sûr, c'est Paris, la capitale, proche de Marcoussis et tout et tout. Mais pourquoi ne pas avoir choisi un site central en France, dans une terre emblématique du rugby français et dans une région (au sens large, le Massif Central) qui a besoin d'être (davantage) désenclavée ? La FFR n'en a pas eu la chance (mais l'aurait-elle saisie ?) puisqu'il n'y a pas eu de candidature.
Et je pose une question, très osée j'en conviens : est-ce que ça n'aurait pas pu être ça, le grand stade de Clermont-Ferrand de demain ? Je sais qu'il y a bien d'autres enjeux en jeu (là encore, vous avez cru mais pas de jeu de mots) et bien d'autres questions à prendre en compte mais qu'on ne me la fasse pas : si le Stade Français et le Racing peuvent remplir le Stade de France, l'ASM peut le faire aussi ! Pour ce qui est du Clermont Foot, je n'en sais rien et je m'en fous. J'aime pas le foot, là.

Bref, toujours est-il qu'il me paraît urgent que ce projet de grand stade à Clermont soit remis sur la table des discussions car il me parait tout aussi scandaleux que l'ASM doivent jouer une demi-finale (encore une fois, s'ils y parviennent) de Coupe d'Europe "à domicile" à... Bordeaux !

Rugbystiquement,

3 déc. 2011

[ Jaune & ] Bleus

Je sais pas vous, mais moi quand arrivent les premières gelées, que l'Hiver vient poser sa froide couverture sur nos campagnes (pour info, oui je suis toujours à Toronto !), je commence à sentir, au loin, la douce odeur, certes des bons plats copieux et réconfortants, mais aussi du Tournoi des VI Nations.

Et cette année, j'avoue nourrir une excitation particulière à l'approche de cette institution du Rugby. Nouveau staff, nouveau sélectionneur (et quel sélectionneur ! Naturalisé Auvergnat après ses 8 années passées au service de la charnière asémiste, il en a même gardé l'accent !) et probablement équipe remaniée. Oui, des essais, PSA va en faire, il l'a dit. Et c'est bien normal. Alors, comme tout bon nouveau sélectionneur national, le Goret fait son Tour de France des clubs pour dénicher les perles rares. Ou tout du moins ceux qui méritent leur billet pour Baltard, pardon, Marcoussis, sans pour autant devenir tous des Nouvelles Stars.

Alors, quels sont ces Jaunards qui méritent d'avoir leur chance de porter le tout nouveau maillot Adidas floqué du Coq ? Voici ma petite sélection.

Les Incontournables

Messieurs Parra, Bonnaire, Pierre et Domingo tout d'abord, à mon sens cadres à part entière de cette équipe de France. Julien Pierre mérite plus de confiance accordée que sous l'ère Lièvremont. Thomas Domingo, s'il ne pourra malheureusement pas participer à ce Tournoi, doit rester dans le XV type de PSA pour la suite.
Messieurs Buttin et Fofana par ailleurs, étincelants en ce début de saison avec l'ASM, ont très clairement droit à leur chance en EDF.


Ceux qui ont droit à une deuxième chance

Messieurs Faure, Lapandry, Floch, Malzieu  et Kayser ont pour moi, et j'espère ne pas leur manquer de respect par là, le profil de parfaits Numéro 2 en équipe nationale. Notamment quand on voit les Traille et Huget de l'ère Lièvremont, on se dit que les Floch et Malzieu, respectivement poste pour poste, ne serait pas un luxe...!


Ceux qui-ont-bien-servi-mais-qui-doivent-rester-encore-un-peu

Messieurs Rougerie et Skrela sont de bons soldats de la Nation. Il y vont, ils se donnent à fond... avec plus ou moins de réussite, notamment en termes de blessures. Mais notre Capitaine local, par son énorme rôle psychologique au sein des lignes arrières notamment, est un élément rassurant dans une équipe "neuve" et remaniée qui ne doit pas être galvaudé.


Ceux que PSA doit surveiller...

...sans pour autant les sélectionner directos. 
Messieurs Debaty, Ric et Radosavljelic. Voire Messieurs Hézard et Goujon.
Vincent Debaty, notamment, que j'ai failli mettre dans les "Incontournables" tant il me parait précieux tant en mêlée fermée que dans le jeu courant. Mieux : il est (presque) aussi à l'aise à droite qu'à gauche, ce qui est (très) précieux. Il aurait aussi pu se retrouver dans "Ceux qui ont droit à une deuxième chance" car il faut savoir que le Belge a connu une sélection, en 2006.
Rado, lui, présente un profil à la Kelleher qui manque dans le XV de France. Alors oui, il y a bien Doussain. Mais il est toulousain.


Deux évidences, à mon sens.
Malheureusement, dans la mesure où ces deux perles ont connu des sélections à l'étranger (Brock James a été sélectionné dans l'équipe nationale australienne de Rugby a 7 en 2002), nous ne pouvons que regretter qu'elles ne soient éligibles. 
Commençons par Brockie si vous le voulez bien : alors non, il n'est pas Français, oui, il est Australien. Je n'aurais qu'une réponse à cela: Tony Marsh. En fait, non, j'en ai une deuxième : Peter (et non Philippe) de Villiers. La Fédé Wallaby fait l'une des plus grosses erreurs de son existence en ne sélectionnant pas Brockie. Franchement, ne nous mentons pas, c'est l'un des meilleurs demi d'ouverture jouant en France et il est certainement meilleur (ou au moins "complémentaire") aux Trinh-Duc, Skrela ou autre Parra si PSA décidait de conserver ce dernier à l'ouverture.
Au tour de Julien Bardy à présent : oui, il est international Portugais. Non, ce n'est pas une blague. Mais Julien est né à Clermont-Ferrand et il est donc par conséquent Français. Par ailleurs, Julien a toutes les qualités qu'il faut pour s'imposer dans la troisième ligne bleue. Avec un avantage en plus : l'agressivité. Un véritable boucher, une mentalité de deuxième ligne, un disciple de Thibault Privat, Jamie Cudmore et Gerhard Vosloo*.

*A noter que dans la série des joueurs-étrangers-mais-presque-français-et-tellement-bons-qu'on-devrait-leur-proposer-une-cape figure, évidemment, l'ami, le boucher, Gerhard.

29 avr. 2011

La vigilence de Mr Owens envoie Clermont en Finale de Challenge Européen

Les Jaunards peuvent remercier la vigilence et l'impartialité exemplaire de Mr Owens, l'arbitre gallois de cette demi-finale d'Amlin Challenge Cup, au Stade Charlety. C'est sur le score final de 35 à 29 en faveur de l'ASM Clermont Auvergne que le match se termine. Les protégés de Max Guazzini sont forcément déçus.

C'est notamment le sérieux de Nigel Owens qui conduit l'ASM à terminer la première période sur une pénalité de Morgan Parra. En effet, l'arbitre Gallois n'a pas manqué le vilain coup d'épaule volontaire du pilier argentin Roncero sur ce même Parra, à la 39ème minute.

C'est également la vigilence de l'arbitre qui permit aux Auvergnats de prendre définitivement le score à la 58ème minute. Suite à une belle percée de Brent Russell, Wesley Fofana file applatir juste sous les perches. Soupçonnant un en-avant entre l'ouvreur Sud-Africain et l'ailier, Mr Owens a le bon sens de demander l'arbitrage vidéo. Aucun doute, il n'y a pas en-avant, l'essai est accordé et Morgan Parra ne tremble pas pour cette transformation facile : l'ASM assomme à ce moment du match son adversaire du jour.  

Enfin, chacun aura remarqué la forme internationale de l'arbitre Gallois qui n'a loupé aucune des nombreuses fautes des Parisiens, en particuliers les grossiers hors-jeux ayant émaillé l'ensemble de la rencontre.

C'est grâce à cette rigueur de tous les instants de la part de Mr Owens que les Auvergnats ont réussi à s'imposer au Stade Charléty, au terme d'un match où les deux équipes ont beaucoup joué, beaucoup tenté, parfois même à outrance puisque l'ouvreur clermontois du jour, Brent Russel, en a fait les frais à deux reprises (21ème et 65ème).


Il convient donc de saluer le professionnalisme fait de vigilence, de sage prudence et d'impartialité totale de l'arbitre Gallois pour un rendez-vous aussi important qu'une demi-finale de compétition européenne...

20 mars 2011

Les Cent Jours de Napolioni le Grand

Cela va bientôt faire 100 jours que Napolioni Nalaga est retenu chez lui, aux îles Fidji, son Saint Hélène à lui. Bientôt 100 jours que le calvaire dure et que les bonnes nouvelles n'arrivent pas. Ni pour lui, ni pour nous.

Bientôt 100 jours et nous savons désormais que "Naps" ne devrait plus revenir dans la capitale auvergnate, sauf retournement de situation extraordinaire.

Ce blog, par manque de temps, d'énergie et aussi un peu de volonté de la part de son auteur, est resté silencieux longtemps. Trop longtemps à son goût. Bien des sujets aurait pu être traité, autant de prétextes pour reprendre l'écriture. Mais aucun n'arrive à la cheville de ce drame personnel que vit en ce moment celui qui a marqué le seul essai de la partie menant au premier Bouclier de Brennus de l'ASM. Et s'il n'y avait que cela...

En 5 saisons, Napolioni Nalaga a inscrit 60 essais sous les couleurs Jaunes & Bleues. Tout simplement le meilleur marqueur de l'Histoire du Top 14. Nous nous rappellerons longtemps, ici en Auvergne, de son signe rituel, remerciement à peine masqué d'un index désignant le ciel.

Un garçon attachant, bourré de talent même si celui-ci ne s'est pas toujours exprimé pleinement, une force de la nature avec sa manière si particulière de "galoper" en guise d'accélération fatale pour l'adversaire qui vient de connaître son raffut ravageur.

En éternel optimiste, j'entretient encore, à peine secrètement, l'espoir de revoir jouer Nalaga au Michelin, et en Jaune & Bleu de surcroît. Peut-être pas en 2012, mais qui sait, plus tard ?

En attendant, je m'attriste de sa situation, bien plus encore que celle du club qui lui trouvera bien, tôt ou tard, un remplaçant sans équivalent. Je souhaite beaucoup de courage à Napolioni le Grand, et surtout un bon et prompt rétablissement à sa compagne.

We miss you, Naps. 

18 juil. 2010

Des Hommes

"Les joueurs ont fait preuve d'abnégation, de détermination. Je ne pense pas que beaucoup d'équipes auraient pu faire ça, en étant largement critiqué pour ne pas avoir de mental, etc. Je suis fier de mes joueurs."
Vern Cotter, entraineur de l'ASM Clermont Auvergne

Comme je l'ai déjà mentionné dans un précédent billet, cette victoire immense pour notre peuple, c'est avant tout la victoire d'Hommes. Des joueurs aux supporters en passant par le staff, un petit tour d'horizon des "Gueules" et des anonymes qui ont permis cette explosion de Bonheur au soir du 29 mai dernier. 


Les "Héros"

Ne pouvant consacrer un paragraphe entier à tous les protagonistes de l'acte, ne m'en voulez pas de m'attarder sur quelques uns.


Aurélien Rougerie. Les autres ne m'en voudront pas de le citer en premier : il est et restera LE Capitaine emblématique de cette génération d'une part, du premier titre d'autre part et de cette régularité, cette envie, ce combat et cette abnégation de tous les instants pour y arriver.
J'aime : son sens du collectif, "Roro" ne joue plus pour lui, il joue et se défonce, se sacrifie parfois, pour les autres, pour l'équipe. Pour moi il représente ce qu'on appelle "l'amour du maillot".


Alexandre Audebert. Il n'y a pas de hiérarchie dans cette liste, ce n'est pas un classement. Mais je pense à "Bébert" tout de suite parce que celui-là, comme le précédent, l'a attendu, l'a voulu, ce titre, depuis toutes ces années.
J'aime : sa décision de rester. 10 ans. Malgré les défaites successives, malgré le bon comme l'amer.


Morgan Parra. On dit que ce serait celui qui nous a enfin permis d'être Champions. Celui qui nous manquait. Possible. A vrai dire, mon sentiment est que la régularité de toute une équipe, tout un club, y est plus pour quelque chose que les qualités et compétences d'un seul bonhomme. Mais quel Bonhomme ! "Le Merdeux", c'est la classe internationale, la dureté de l'envie dans le regard, la décision incarnée. Le Patron, comme on a dit.
J'aime : sa façon d'assumer ses responsabilités avec humilité. Juste ce qu'il faut.


Brock James. L'un des artisans principaux du titre. Pas sur un match ou deux de phase finale, encore qu'il ait été exceptionnel, mais sur plusieurs années de régularité et d'excellence dans les pieds et les mains. J'admire sa virtuosité quand il est bon, c'est à dire très souvent. 
J'aime : son abnégation à "se refaire" comme on dit au poker. Le travail acharné -et visible- de "Brokie" pour améliorer ses points faibles (principalement la défense). J'ai aimé aussi son attitude lors de la finale : aucune hésitation à enfin aller au combat sans se défiler, à plaquer pour de vrai, à attaquer avec envie, ... Pour moi l'incarnation de cette équipe ce soir-là.


Elvis Vermeulen. Quel Homme ! Pour l'avoir brièvement rencontré, c'est la gentillesse incarnée. L'oeil doux comme un agneau. Mais sur le pré, quel envie de perforer, de pénétrer, d'avancer ! Quelle activité! 
J'aime : la régularité au plus haut niveau d'activité sur le terrain du "Brad Pitt du Rugby Français" toute cette saison passée et même au-delà. Je ne l'ai jamais vu faiblir. Respect.


Anthony Floch. Le "Chinois" a grandi. On l'a vu, il est plus mûr sur ces envolées. Des envolées presque lyriques parfois, tant on aime sa manière de partir et de zigzaguer entre les défenses adverses. Une question : pourquoi n'est-il pas LE remplaçant de Poitrenaud avec le XV de France ?


Julien Malzieu. "Zen" ne l'est pas sur le pré et on aime ça. J'aime ce gars, j'aime son sourire, sa détermination, son courage lors des phases difficiles, son talent pour détaler comme un lapin comme un coup de fusil qu'on aurait pas vu venir et aller aplatir en Terre Promise dans le même style que sa course : avec urgence, mouvement et saccade.
J'aime : son attitude quand il ne peux pas jouer (ex. rôle de porteur d'eau lors des phases finales 2008). Et son origine ponote. Un autre Auvergnat à l'ASM, ça fait du bien pour ne pas se perdre en route...


Thomas Domingo : Une chance pour l'ASM. Si notre pack est surnommé celui des Bouchers par certains de nos adversaires, c'est en partie grâce à lui. Quel activité ! Quelle monstrueuse ingéniosité dans le combat en mêlée ! Certains disent même que "Domi" serait le meilleur pilier gauche de la planète à l'heure actuelle, c'est vous dire...
J'aime : il donne tout. C'est impressionnant. 


Mario Ledesma : "Super Mario", c'est l'expérience, le Papa, la sagesse incarnée. Pour moi, il symbolise avec ses piliers l'intelligence des avants. Au comptoir ou dans le vestiaire, on entend souvent que devant, on pas besoin d'en avoir beaucoup dans la caboche, ce qui compte c'est de pilonner, mais tout le monde dans ce sport sait que c'est faux. Et notre première ligne en est la plus belle expression.
J'aime : le fait qu'il y ait cru jusqu'au bout. Qu'il n'ait jamais lâché. Lui non plus. 


Julien Pierre : "Chameau" est un bête à part. Un animal que je ne saurais décrire pour lui rendre tout-à-fait hommage. Il est fort. Au sens large du terme. J'aime ce gars.
J'aime : ce qu'il apporte à l'équipe dès qu'il rentre sur le pré.


Thibault Privat : "Le Grand" est notre inlassable guerrier blond. Le nîmois est là où il faut, quand il faut, avec toute son agressivité pour faire la différence. Et à ce niveau-là, ça ne demande pas simplement de la bestialité. C'est de la technique. Et du travail.
J'aime : le contraste saisissant de sa "cool attitude" en-dehors du pré avec l'intensité de combat qu'il met sur le terrain.


Jamie Cudmore : Dans un style différent de celui du "Grand Blond", voici "le Canadien". Une créature mi-homme mi-bûcheron née pour tout dévaster sur son passage et prête à écraser n'importe quel obstacle devant elle. Un bulldozer au physique totalement fou. Avec ce qu'il faut comme dose d'agressivité, d'énergie et de taux de pénétration dans les lignes adverses pour faire fuir tout être normalement constitué en face.
J'aime : sa folie destructrice. Non, je rigole (quoique). Son activité sur le pré.


Julien Bonnaire : "Juju" est un artiste de l'air. Un équilibriste de la touche. Mais pas que. Grande activité, sourire et professionnalisme. On sent le gars auquel on peut se fier. 
J'aime : son jeu d'avantage axé sur le défi devant  et l'agressivité qu'il y a mis cette saison. 


Napoleoni Nalaga : J'ai failli écrire un billet assez acerbe sur lui et ses performances cette année. J'avais tout : le titre ("Broken Arrow" en référence à son surnom de "Flèche"), l'accusation ("Naps" ne court plus aussi vite, aussi souvent et ne marque plus autant) et l'argumentaire un peu foireux de défense (on ne peut pas être au top tout le temps). C'était juste avant les phases finales. Je me suis dit "on verra". Et on a vu. Un grand joueur, mais qui doit faire attention à mon sens à ne pas se reposer sur ses lauriers. Un type qui affole les défenses adverses. Une arme importante dans notre dispositif d'attaque. "La Machine".
J'aime : la petite impulsion qu'il donne à sa jambe (gauche, je crois) à chaque foulée lors de ses folles courses, comme autant de petits soubresauts signifiant "allez, allez, encore quelques mètres et tu y es !". Ses raffuts, aussi, et sa manière de se sortir de trois défenseurs adverses qui ont littéralement plongés sur lui.


Et les autres que je n'oublie pas et qui ont rendu cette aventure possible par leur attitude : Marius Joubert "le Mophrate", Alexandre Lapandry "le Tube", "Dato" Zirakachvili, Martin Scelzo "la Grosse Bête", Benoît Cabello, Vincent "le Belge" Debaty, "Gonza" Canale, Kevin Senio, Loïc Jacquet, et les autres...




Les "Stratèges"

J'ai hésité à intitulé cette deuxième partie Les "Résistants". Ils ont résisté à renoncer. Résister à la tentation de jeter l'éponge, partir et laisser un groupe formidable sans certitude quant à l'avenir. Ils sont un peu moins sur le devant de la scène mais chacun a conscience de leur importance.

Ils se nomment Vern Cotter, Joe Schmidt, Jean-Marc Lhermet, Jacques Pineau et, bien sûr, René Fontes. "Beaucoup d'abnégation" comme disait le grand Vern, arverne pour l'éternité, le soir de la Victoire. Cela vaut tant pour les joueurs que pour eux. Car dans leur position, partir eut été plus "facile", mais aussi plus compréhensible. Il faut honorer cette détermination. 
Alors : merci Messieurs. Cette Victoire est votre, tout autant que celles des gladiateurs se battant sur le terrain.



Ceux "de l'Ombre"

Du secrétariat à la préparation physique, de la maintenance du Stade Marcel Michelin au service Communication, on ne les voit pas, on les connais à peine, mais sans eux l'ASM Clermont Auvergne ne serait probablement pas, en 2010, Champion de France. Et l'on oublie, à mon sens, trop souvent ces acteurs de l'ombre ô combien important pour la stabilité du club, sa reconnaissance et in fine, sa performance. Ce sont eux, les Annie Nicolas, les Sébastien Bourdin, les Emmanuel Moussié, les Jean-Pierre Darnaud -hélas ! parti à "la concurrence", et tant d'autres.
Nous devons eux également, les remercier et les féliciter pour leur travail.



Les "Amoureux"

Il parait évident que si l'ASM n'avait pas été tant soutenue, tout au long de ces années, de ces décennies, par ces innombrables supporters. Je reste convaincu qu'il faut plus que de l'amour, de la passion, pour supporter si durablement et fidèlement l'ASM. Avec son équipe et tout ce qu'elle a connu, il faut quelque chose de plus. Ce quelque chose, que chacun peut ressentir dans la ferveur qui s'élève dans le Stade Marcle Michelin lors des jours de match, est aussi, d'une certaine manière, la clef de la Victoire du 29 mai 2010. C'est une flamme d'une extraordinaire lueur qui jamais ne s'éteint, quand bien même l'équipe connaîtrait quelques jours plus sombres, que ce soit sportivement comme dans sa gestion.
Le plus beau remerciement à cela est le Bouclier de Brennus ainsi que les futures Victoires de l'ASM Clermont Auvergne.